Visite Pastorale de Mgr. Roland MINNERATH
dans le doyenné Côte de Beaune
Automne 2011
MESSAGE DE NOTRE ARCHEVÊQUE
« Après la visite pastorale »
Entre le 25 septembre et le 3 décembre 2011 s’est déroulée ma visite pastorale dans votre doyenné. Je tiens tout d’abord à remercier votre doyen, les prêtres, les diacres, les religieuses, les permanents de la pastorale, les catéchistes et tous les fidèles qui ont activement participé à ces rencontres. Cette visite a révélé les richesses humaines et spirituelles de votre doyenné et montré la vitalité de vos communautés.
Votre « climat » s’inscrit dans un paysage privilégié, celui des grands crus, de la vigne, de l’agriculture et du tourisme, où vivent 46.000 personnes réparties en 53 villes et villages.
Vous avez la chance de ne pas manquer de prêtres, ni de diacres, ni de permanents. Vous avez deux séminaristes. Vous venez d’accueillir à Beaune la nouvelle Fraternité des Sœurs de la Sainte Enfance. Voilà beaucoup d’atouts et de la semence d’avenir.
Vous avez rédigé de chaque visite un bref compte rendu qui en redonne l’esprit et le contenu. Je suis particulièrement bien impressionné par mes rencontres avec les catéchistes, les professionnels et de la santé et les visiteurs des malades, l’immersion dans la cave du domaine Cornu de Ladoix-Serrigny, où j’ai découvert quelques aspects des
métiers de la vigne, les échanges avec les responsables politiques et les industriels de la région.
La fréquentation du catéchisme reste soutenue, signe que les familles tiennent à ce que la foi soit transmise à leurs enfants. A Nolay les enfants du caté m’ont remis des dessins touchants représentant saint Martin. Qu’ils en soient remerciés ainsi que sœur Maryvonne.
On peut se réjouir d’une coopération harmonieuse avec les municipalités. Les magnifiques églises et sanctuaires semés sur votre territoire attirent touristes et croyants. Il faut maintenir les traditions de pèlerinage et les renouveler. C’est par là que la foi reste enracinée dans les pratiques et les traditions familiales. Il ne faut rien négliger de ce qui peut mener au Christ. Les pèlerinages à Notre-Dame à Cirey et à Nolay nous conduisent par le Vierge au Fils Rédempteur des hommes.
Je rends grâce pour votre foi et vous encourage à demeurer dans l’espérance qu’elle allume en nos cœurs.
Noël 2011
Votre archevêque, Roland MINNERATH
TEMPS-FORTS DE LA VISITE PASTORALE:
-A la paroisse de Meursault, le dimanche 25 septembre, la rencontre des catéchistes du doyenné et des personnes chargées de la transmission de la foi.
-A la Paroisse de Savigny les Beaune, le dimanche 2 octobre la rencontre avec les professionnels de la vigne et du vin.
-A la paroisse de Beaune, le dimanche 16 octobre la rencontre avec le monde de la santé.
-A la paroisse de Nolay, le dimanche 30 octobre, la présentation du tourisme sur le doyenné et la visite de deux lieux de pèlerinage : Notre Dame de la délivrance à Cirey les Nolay et Notre Dame de Rouvray à Jours en Vaux.
- A Beaune, le jeudi 20 octobre, la rencontre avec les élus et les dirigeants chrétiens.
A MEURSAULT
Le dimanche 25 septembre 2011, Monseigneur Minnerath a commencé la visite pastorale du doyenné avec la messe de rentrée du catéchisme, à Meursault.
• Pour la Prière universelle, tous les groupes de la Paroisse étaient représentés par des personnes qui sont venues déposer une bougie près de l’autel.
• A la procession d’offrandes, des vignerons et tonnelier sont venus offrir leurs outils de travail.
• Pendant l’apéritif, un diaporama a présenté la Paroisse à notre archevêque.
L’après-midi, une rencontre avec les catéchistes du doyenné était organisée :
Présentation de la catéchèse dans le doyenné :
Monseigneur, merci de nous donner l’occasion de nous retrouver.
Nous représentons un doyenné aux nuances variées : Ville et campagnes ;
Une ville : Beaune et des campagnes : la campagne viticole avec des villages proches les uns des autres ; la campagne agricole où les kilomètres se font sentir !
Les réalités sociales sont également très diverses et notre groupe de catéchistes doit s’adapter pour être au plus près des réalités familiales et scolaires des enfants qui nous sont confiés.
Nous avons le sentiment d’être un doyenné vivant :
Pour nos 53 villages, avec ses 46 000 habitants, nous travaillons avec 7 prêtres, 6 diacres, 3 permanents.
Nous nous posons bien sûr beaucoup de questions sur l’adaptation nécessaire de la catéchèse, sur la façon dont l’Eglise de France (et notre diocèse) y réfléchit.
Mais cet après-midi, nous voulons mettre l’accent sur certains points positifs :
Le ‘microclimat’ chrétien de notre région : le nombre d’enfants catéchisés est assez stable, même si nous percevons un fléchissement depuis quelques années (plus de 500 enfants sur le doyenné) 3 écoles catholiques accueillent des enfants, à Meursault l’école Saint Joseph, à Beaune l’école Notre-Dame et l’école et collège du Saint Cœur.
Tout un travail se fait pour s’adapter aux cas particuliers : par exemple à Nolay, où il est difficile de trouver un horaire pour les groupes d’enfants, des journées de caté-vacances se mettent en place et attirent même des enfants non inscrits.
Le recrutement des catéchistes est bien sûr un souci, à chaque rentrée. Mais de nouvelles personnes acceptent de se mettre en route chaque année, quelquefois en prenant à 2 la responsabilité d’un groupe.
Les parents ou grand-parents qui s’engagent en catéchèse le font avec beaucoup de cœur et en profondeur : même si nous nous sentons souvent petits et pauvres face à cette tâche, elle nous permet de nous poser de vraies questions (que nous ne nous serions peut-être pas posées sans ce service de la catéchèse) : « Où en suis-je moi-même dans ma Foi pour accepter une telle mission, pour transmettre la foi de l’Eglise ? »
Pour beaucoup d’entre nous, cela devient une mission importante dans notre vie de baptisés. Et nous partageons cette question de fond avec tous ceux qui se sentent appelés à la transmission de la Foi aujourd’hui.
Dans cette rencontre avec vous, Monseigneur, nous vous demandons bien sûr de nous tenir au courant du travail et de la réflexion sur la catéchèse ; mais nous aimerions que vous nous aidiez à grandir dans la Foi, à nous fortifier dans ce service d’Eglise où le Seigneur nous a appelés.
Monseigneur Minnerath nous a rappelé des éléments fondamentaux de la transmission de la Foi dans la catéchèse :
Dans la Foi, j’accueille une Parole qui m’est donnée et qui vient jusqu’à moi, personnellement.
Le but de la catéchèse est de permettre à une personne de vivre un contact réel avec le Christ ; pour cela, l’initiation à la liturgie, à la prière est capitale.
La catéchèse doit veiller à être structurée, elle doit former un tout cohérent.
Cette catéchèse est proposée à tout âge de la vie… en respectant 3 étapes :
• L’annonce du kérygme : donner à chacun le désir de connaître le Christ, lui permettre de faire le choix de vivre en disciple.
• L’initiation chrétienne : la rencontre avec le Christ se fait dans les sacrements de l’initiation, vécus en Eglise (baptême, confirmation et eucharistie)
• La mystagogie : la catéchèse s’approfondit tout au long de la vie.
Nous pouvons nous appuyer sur les 4 piliers : la Notre Père, les Commandements, le Credo et les sacrements
Monseigneur Minnerath nous a annoncé la publication en 2012 d’un guide catéchétique, avec, pour chaque thème, 3 entrées : enfants, jeunes et adultes. Ce guide pourra être proposé à toute famille, comme livre de base pour vivre le chemin de la Foi.
A BEAUNE
Une superbe journée, le dimanche 16 octobre 2011 !
Nous accueillons Monseigneur Minnerath, venu célébrer la confirmation de 15 jeunes et 4 adultes en la Collégiale Notre-Dame de Beaune à 11heures. Une foule nombreuse de parents, d’amis, de chrétiens a vécu cette cérémonie sobre et priante et a partagé sa joie sur le parvis de l’Eglise autour d’un apéritif.
L’après-midi a été consacré à la visite pastorale et plus particulièrement au monde de la santé.
La visite de l’Hôtel-Dieu, spécialement la Salle des Pauvres et le Retable du Jugement Dernier, commentée par Sœur Loreau et Monsieur Bruno François, chargé de la gestion du patrimoine des Hospices, nous a introduits au cœur du sujet , à la fois la finitude et la dimension éternelle de toute vie humaine : Tout homme est une histoire sacrée, l’homme est à l’image de Dieu.
Puis, un rencontre d’échanges a rassemblé une soixantaine de personnes, médecins, professionnels de santé et personnes intéressées, à la Chambre du Roi.
Monsieur Jacquet, Directeur des Hospices Civils de Beaune, a accueilli Monseigneur et les participants et a présenté le « paysage sanitaire beaunois » : établissement de court séjour, hébergement de personnes âgées, Institut de Formation en soins infirmiers et aides-soignants ainsi que le domaine privé, viticole et musée. Beaune fédère également
les hôpitaux environnants : Seurre, Nuits Saint Georges, Arnay le Duc et Bligny sur Ouche. Ensuite, quelques points d’attention ont été formulés comme suit :
« Dans notre société dominée par le paraître, le pouvoir et le profit, quelle place pour le souffrant ?
Quelle visée théologique et éthique l’Eglise propose-t-elle au monde de la santé ?
La disparition de la Foi dans nos sociétés modernes génère une angoisse terrible face à la mort, pour le malade mais aussi pour le médecin et les soignants.
Les progrès de la science et de la médecine développent un sentiment d’immortalité et la survenue de la maladie est une injustice, la mort inacceptable, le handicap intolérable, la vieillesse infamante : quelle attitude, quelle parole devant la souffrance, la détresse et l’angoisse ?
N’oublions pas non plus toutes les maladies sociales : addictions, personnes désocialisées, handicapés de toute origine, mal-logés…..comment rendre dignité et espoir ? »
Monseigneur nous a exprimé quelques points essentiels :
-Dans les efforts déployés pour que chaque être bénéficie des progrès de la médecine, il ne faut pas oublier d’allier l’humain et le spirituel. Le chrétien ne peut être absent du lieu de combat entre la vie et la mort. Mais il est vrai qu’une parole spécifiquement chrétienne est difficile à dire dans notre monde. Il faut proposer et non imposer….. proposer une relecture de la vie,
proposer le sacrement de réconciliation eu des malades…..mais cette proposition doit être claire et émise dans un lien de confiance avec le malade.
-En ce qui concerne l’éthique de la fin de la vie, l’Eglise propose des critères clairs : Aider à ne pas souffrir, soulager toute souffrance, ne pas maintenir artificiellement en vie, mais nous n’avons pas le droit de donner la mort. Donc, il faut promouvoir les soins d’accompagnement tant pour le malade que pour son entourage.
-Nous savons maintenant diminuer et même supprimer la souffrance physique. Mais il y a la souffrance morale, psychologique, liée souvent à des situations humaines mal vécues : problèmes dans les familles, divorces……..le monde offre des sorties de crise avec des psy de toutes sortes. Le chrétien doit d’abord accompagner la personne, être présent, peut-être même sans parler. Il peut aussi inviter à la prise de conscience, à pardonner, à se réconcilier. Il nous faut toujours avoir devant les yeux cette force libératrice qu’est la Foi.
-Le sens de la souffrance ? La souffrance n’est jamais un bien, Dieu ne veut pas la souffrance et il nous faut tout mettre en œuvre pour lutter contre toutes formes de souffrances. Nous sommes transitoires et imparfaits, c’est la condition humaine. On ne peut éradiquer la souffrance, seulement la transcender, à l’exemple du Christ qui nous ouvre un horizon sans souffrance.
Le chrétien est celui qui s’abandonne à Dieu au seuil de la mort.
Le salut, c’est mettre sa confiance dans un autre que soi.
L’importance des équipes d’aumônerie : l’échange commence sur une dimension humaine et aboutit à une proposition de rencontre avec un prêtre. Chacun doit être un lien entre les malades et l’Eglise. Qu’est ce que les non chrétiens peuvent attendre des chrétiens ? L’amitié, l’honnêteté, l’éthique, l’attention humaine à tous.
Toute mission qui touche à l’humain est unique puisqu’elle rassemble la beauté la grandeur et la fragilité de chaque être.
Le Père Bernard Card a clôturé cet échange en remerciant Monseigneur et l’assemblée.
Souhaitons que ces propos aident chacun à oser une parole d’humanité et d’espérance avec celui qui souffre.
A SAVIGNY-LES-BEAUNE
Rencontre avec le monde de la viticulture.
La Visite pastorale du doyenné sud a permis à Mgr Minnerath de rencontrer quelques viticulteurs de la paroisse de Savigny qui après avoir rappelé le rôle de l’Eglise dans la viticulture furent heureux de lui faire découvrir leur travail.
« Camarade vigneron, je te dis courage. Bien des gens profiteront de ton rude ouvrage… »
La chanson du tonnelier est un parfait exemple du labeur de ce métier. L’été fini, l’automne pointe le bout du nez. Les feuilles de vigne couleur rouge et or donnent leur nom à notre côte. Il est temps de repérer les ceps morts. Soudain les températures baissent, les jours raccourcissent : les feuilles tombent laissant les ceps à nu. L’hiver vient, la vigne dort mais pas le vigneron. Il faut bien s’habiller : bottes fourrées, manteaux et gants sont de rigueur. C’est l’époque de la taille qui demande patience et habileté. Seules resteront les branches fructifères les plus vigoureuses et bien implantées. Les bois coupés sont brûlés dans les brouettes et réchauffent le travailleur.
Le printemps arrive, la vigne s’éveille.
Il est temps de réparer piquets cassés, fils coupés et d’attacher les baguettes au fil du bas, travail long, demandant beaucoup de dextérité et particulièrement fatiguant car il faut rester courbé à longueur de journée et mon Dieu que la terre est basse ! Le vigneron doit aussi s’occuper du sol ; il faut aérer, travailler, retourner :
buttage, débuttage, griffage et autre labour se succèdent. La douceur et les beaux jours venus, la vigne reverdit ; petites pointes vertes puis petites feuilles apparaissent. Le temps est venu d’ébourgeonner ou évasiver : on dédouble les bourgeons pour éviter l’épuisement du cep. Bientôt viendront relevage, palissage, rognage, lutte contre les maladies. Mi été, le soleil permet au raisin de changer de couleur ; le taux de sucre progresse jusqu’à maturité et le jour J, les équipes de vendangeurs envahissent les vignes. Venus de France ou de l’étranger les coupeurs entonnent quelques chants de leur région mettant tout le monde de bonne humeur et l’ambiance au beau fixe.
Quand le raisin est à la cuverie, le vigneron arrête de regarder le ciel.
il faut anticiper les problèmes et élaborer le meilleur vin possible. A la cuverie tout le monde s’affaire. Les raisins passent sous l’œil intransigeant du trieur qui rejette pourri ou vert. Le raisin doit être parfait pour donner au vin tous ses atours : robe, finesse, corps, tannins. Le premier travail du vinificateur est de piger, arroser, surveiller comme un nouveau né chaque cuvée, prendre la température, la densité plusieurs fois par jour. Chaque jour une cuvée est dégustée, commentée, analysée avant d’être pressée et mise en fûts.
L’entrée en cave aux fûts bien alignés reflète le savoir faire du vigneron. C’est le chemin tracé pour l’entrée au paradis, la dégustation. Accueillant et jovial le vigneron aime à recevoir dans sa cave pour faire découvrir les fruits des différents terroirs de son domaine. Quand le gazouillement des fermentations se tait, le calme revient à la cave ; silence et obscurité s’installent à peine troublés par la visite rapide du vigneron venu vérifier avant le départ pour la vigne s’il ne manque pas une bonde à une futaille. A midi c’est un ami ou un client souhaitant découvrir le premier les promesses de l’année nouvelle qui viennent interrompre le silence. Et le vigneron poursuit sa tâche : élevage des vins, début de promotion de la nouvelle année vont l’occuper. Il faut trouver les mots justes pour expliquer l’acidité un peu marquée d’une cuvée, les tannins trop présents d’une autre, la couleur moins présente d’un fût. Visite du courtier, soutirage, collage, filtration alternent avec descentes de cave, visite aux restaurants ou week-end de promotion.
La visite pastorale sera aussi l’occasion pour les viticulteurs de rappeler la spécificité des hautes côtes (AOC récente en 1961, plantation en vignes hautes…), leurs doutes et difficultés (transmission délicate du patrimoine face à la hausse de valeur des terres, règlementation de plus en plus contraignante), la multitude de manifestations à animer (St Vincent, caves ouvertes, développement des confréries) et d’achever la journée par une incontournable dégustation.
A NOLAY
Notre Archevêque a visité la Paroisse de Nolay le 30 octobre 2011. Tout a commencé par la messe à 10h30 célébrée à l’église Saint Martin de Nolay. En début de célébration, Christine CHALAND, la coordinatrice de l’EAP, a présenté brièvement la Paroisse, en indiquent notamment : les différents services et les moments forts et conviviaux qui jalonnent notre année liturgique. Un cahier avec différentes images dessinées par les enfants du caté a été offert à l’Archevêque.
A l’issue de la messe, un apéritif était ouvert à tous. C’est le moment où chacun pouvait parler librement au Pasteur de notre Diocèse. Ensuite, un déjeuner a réuni autour de l’Archevêque les membres du Conseil pastoral. Le repas a été suivi par l’intervention de Monsieur Denis THOMAS, Conseiller général de Beaune Nord, sur le tourisme dans le Doyenné. Qualifiant notre Doyenné de « Poumon vert » du tourisme, il a établi un lien entre le « tourisme laïque » et le « tourisme spirituel » et a souligné l’importance d’ouvrir nos églises aux touristes. Prenant la parole, l’Archevêque a, à son tour, insisté, pour ce qui nous concerne, sur la nécessité de promouvoir une bonne pastorale du tourisme et l’importance d’ouvrir nos églises, surtout en été.
Deux lieux de pèlerinage à la Vierge Marie ont, ensuite, été visités. Il s’agit de Notre Dame de la Délivrance à Cirey-les-Nolay et Notre Dame de Rouvray à la Chapelle dans la Commune de Jours-en-Vaux. A ces deux endroits, la présentation de l’historique de chaque pèlerinage, respectivement par Catherine CHANGARNIER et par Noël BELIN, a été suivie par un temps de prière à la Vierge Marie. Chaque fois l’Archevêque a eu toujours un mot d’encouragement ad hoc.
La visite pastorale s’est terminée par un rafraichissement offert par l’Association Atelier du bon secours à la salle communale de Jours-en-Vaux. Il y avait une soixantaine de personnes, parmi lesquelles Monsieur Emmanuel BICHOT, notre Conseiller général, dont la présence a été remarquée à toutes les étapes de cette visite pastorale qui s’est déroulée dans une ambiance quasiment festive.
VISITE AUX ELUS ET PATRONS
C'est le jeudi 20 octobre 2011 à 20H30 dans les locaux de la chambre de commerce et d'industrie de Côte d'Or à son antenne de Beaune que Monseigneur Roland Minnerath, dans le cadre de sa visite pastorale sur le doyenné, est venu à la rencontre des élus du territoire et des entrepreneurs et cadres dirigeants d'entreprise.
La soirée s'est ouverte sur les présentations du territoire faites à Monseigneur par les élus et maires de communes venus nombreux.
Tour à tour, ont pris la parole le député maire Alain Suguenot, président de la communauté d'agglomération Beaune Cote et Sud, suivi de Mr Denis Thomas, vice président et conseiller général, suivi de Mr Jean-Pierre Rebourgeon également vice-président et conseiller général.
Mr Benoit De Charette Président de la chambre régionale de commerce et d'industrie a évoqué les forces et faiblesses du territoire et les filières professionnelles les plus représentatives.
Monseigneur a ensuite souhaité ouvrir un jeu de questions réponses avec les patrons d'entreprises et les dirigeants eux aussi venus nombreux.
Au dire des personnes présentes la soirée fut très enrichissante pour tous, elle a permis grâce aux interventions de Monseigneur de prendre du recul et de toucher du doigt toute l'importance pour le décideur de ne pas s'éloigner de sa vie spirituelle.
Parmi les idées retenues ont peu mentionner :
1) Présentation du territoire par Denis Thomas, Jean-Pierre Rebourgeon, Benoît de Charette, Alain Suguenot.
- Un territoire vaste et contrasté
- Des richesses et des besoins
- Des projets
- L'importance de l'économie viti-vinicole, avec une présence millénaire grâce aux moines de Citeaux.
- L'attractivité du tourisme et son développement autour des activités respectueuses de la nature.
2) Intervention de Mgr Minnerath.
- La Foi dans la vie :
la Foi n'est pas quelque chose "à côté" de la vie, mais la Foi doit habiter tous les compartiments de la vie.
- Le rôle de l'homme :
"Tu as été créé à l'image du créateur, tu dois contribuer à l'achèvement de la création."
- Qu'est-ce que l'économie ?
L'économie est le produit de l'activité humaine, de ses relations sociales, de la (bonne) volonté humaine.
- La "finalité" de l'activité économique :
elle doit rendre des services utiles à la société.
- Les 4 principes qui permettent l'activité humaine :
• Liberté (d'agir, d'entreprendre … "liberté limitée par la conscience d'une responsabilité")
• Vérité (à se dire, être vrai)
• Justice (être juste, faire valoir ce qui est juste)
• Solidarité (être ensemble)
- La place de l'activité économique dans la vie :
l'activité économique n'est pas le "Tout" de l'homme.
"C'est la base mais ce n'est pas le tout, ce ne doit pas être une idole à laquelle on sacrifie sa vie"
3) Questions
- La place de Dieu dans l'entreprise.
• Dieu a toute sa place dans l'entreprise!
"On n'est pas propriétaire de toute l'aventure qui se déroule dans l'entreprise"
• Dans l'entreprise, la place de Dieu est celle qui mène chacun à sa place dans la dignité, ...en vue d'un but commun, lequel n'est pas rivé sur les objectifs chiffrés du moment.
• "Si Dieu n'a pas la place qui lui revient, c'est César qui prend tout" (et le rôle de César est de laisser à Dieu sa véritable place).
CONCLUSION DE LA VISITE PASTORALE
3 décembre 2011, église Saint Nicolas de Beaune
Monseigneur a souligné l’heureuse coïncidence de cette conclusion en ce début d’Avent, car l’Avent regarde vers l’avenir et marche vers un but : le Seigneur qui vient, et nous allons à sa rencontre dans l’attitude de l’attente.
Un fil rouge court dans cette région marquée par des siècles de présence et de foi chrétienne : la vigne avec les moines de Cîteaux et toute l’attention qu’elle requiert au quotidien et qui fait passer du travail au sacrement. L’Hôtel-Dieu de Beaune avec ses presque 6 siècles de charité, d’amour, d’accueil du pauvre : cela n’aurait pu avoir lieu sans le passage du christianisme. Des élus ouverts au dialogue : Si Dieu n’est pas au sommet, c’est une idole, le profit, le pouvoir qui prend la place. La catéchèse, adaptée à la capacité de recevoir des enfants, des jeunes……
Dans notre monde, avant 1975, il y avait un socle de valeurs et références communes qui permettaient la transmission de la Foi dans les familles et la société ; ceci a disparu : il est difficile maintenant de tenir un discours basé sur les valeurs. Comment retrouver cet encrage traditionnel du « vivre ensemble » ?
Ce doyenné est vivant, situé dans une belle région en développement, et avec beaucoup de ressources humaines : participation des laïcs, catéchèse vivante, prêtre dévoués, diacres et religieuses, bref, une plénitude que n’ont pas d’autres doyennés : nous sommes « chanceux » !
La société change si vite que nous n’avons pas le temps de le réaliser, et entraine des fragilités dans nos systèmes de vie économique, sociale, institutionnelle. Qu’est ce qui est permanent ? Chez beaucoup, c’est le retour au sacré, au religieux mais pas forcément en Eglise.
L’Europe est le berceau de la propagation de la Foi, elle a toujours puisé dans ses racines chrétiennes la force d’affronter l’avenir à visée mondiale avec espérance. Si nous croyons à un au de là, nous pouvons affronter le réel avec justesse, sinon le réel devient un absolu : l’argent, le pouvoir, etc.
Le péché de l’homme, c’est de se prendre pour Dieu, alors que la vie, le monde nous ont été donnés comme un cadeau pour grandir et le faire grandir. Qu’est ce que la vie ? Nous appartient-elle ? Peut-on faire ce que l’on veut ? Et à la vie finissante ? Peut-on s’arroger, à coup de loi, le droit d’y mettre un terme ? Et le mariage qui n’est plus fondé sur l’union permanente d’un homme et d’une femme ? Le divorce entraine une somme de souffrances préjudiciables à tous mais particulièrement aux enfants qui n’ont plus de repère dans ces familles éclatées puis recomposées…