Nous voici en ce dimanche des Rameaux avec ce texte de la passion superbe et plein d’enseignement . Nous y voyons la communauté chrétienne en pleine construction, l’isolement du Christ et la dimension cosmique de sa mort.
La communauté chrétienne en pleine construction. Cette communauté est symbolisée par les Apôtres et nous  savons qu’en son sein il y a un traître (et c’est le début de l’Evangile) et un futur renégat. Jamais l’Eglise n’a été une société parfaite et toujours une communauté de pécheurs pardonnés. Et cette communauté se construit par l’Eucharistie. Elle est source d’unité et c’est cette Eucharistie qui nous fait devenir une communauté puisqu’elle nous  rassemble, aujourd’hui virtuellement, dans quelques semaines, je l’espère, réellement.
Le chant des Psaumes terminent le repas et les alleluias conduisent à quitter l’espérance du Cénacle pour les ténèbres du Mont des Oliviers. Et, là, inexorablement, les liens entre les membres de la communauté vont se disloquer : le sommeil des Apôtres, la trahison, le reniement, le fuite de tous. Deux rayons de soleil contrebalancent la solitude de Jésus : Simon de Cyrène et les femmes qui l’ont suivi depuis le début. Elles ont vu leur maitre condamné pour un motif politique alors qu’elles savent qu’il est le Messie.
La mort de Jésus a une dimension cosmique puisque toute la terre est concernée. C’est à la fois un point de rupture et d’accomplissement qui provoque la foi du centurion. C’est un événement ponctuel mais décisif pour la terre tout entière. La mort de Jésus fait passer l’humiliation en don d’amour, l’échec en pardon et cela gratuitement. Dans cette épreuve que nous vivons, traversons la à la manière de Jésus pour qu’elle devienne semailles d’amour et de paix.

Père Yves FROT

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