Pour nous, le Christ est devenu obéissant. Jusqu’à la mort, et la mort de la croix.

Je ne pense pas que beaucoup d’entre nous seraient prêts à obéir jusqu’au bout, sachant où ce chemin mène. C’est dans l’obéissance au Père que Jésus se laisse conduire jusqu’à la mort de la croix. Pas pour accomplir les prophéties d’Isaïe, mais pour notre salut. Par amour pour nous.

Toutes nos Eucharisties rendent présent cet unique sacrifice de Jésus sur la croix. Oui, l’eucharistie est un sacrifice, et si nous ne célébrons pas l’eucharistie aujourd’hui, c’est parce que ce sacrifice est présent d’une manière particulière en ce vendredi saint.

Oui, il s’agit bien d’un sacrifice. Un sacrifice, où le prêtre, l’autel (lieu du sacrifice), et la victime ne font qu’un. Jésus, en mourant sur la croix, est le prêtre, le seul et unique vrai prêtre, celui qui nous réconcilie avec Dieu. C’est par son humanité et par sa divinité que cela est rendu possible. C’est aussi Lui qui est offert en sacrifice pour l’humanité.

Et c’est bien notre salut que nous célébrons dans la mort de Jésus. Dieu qui prends sur lui tous nos péchés, qui porte toutes nos fautes, pour nous en libérer.

Jésus, qui s’en va librement vers sa souffrance et vers sa mort, obéit à son Père pour nous, pour combler le gouffre qui nous sépare de Dieu. Ce n’est pas nous qui allons vers Lui, c’est Lui qui vient à nous, qui se fait l’un de nous, qui nous attire à Lui, qui rend possible notre amour pour Lui.

Pourquoi fallait-il qu’il passe par la souffrance et par la mort ? Je crois que nous pouvons en avoir une idée avec cette crise que traverse le monde. S’Il peut combler le gouffre qui nous sépare de Lui, c’est parce qu’Il connaît chacune de nos peines, chacune de nos souffrances, pour les avoir vécues Lui même. C’est sa Passion. Le sens de ce mot a bien changé. Pâtir, qui a la même racine que Passion, veut dire souffrir. Dieu tient tellement à l’homme qu’il va souffrir sa Passion par amour pour nous. Dieu a une telle passion pour l’Homme, qu’il va connaître la souffrance de l’Homme, pour l’en délivrer. Et la plus grande souffrance de l’Homme, ce n’est pas la maladie et la mort, c’est le péché. Ce qui nous sépare de Dieu.

Oui, Le sacrifice de Jésus sur la croix nous délivre de notre péché. Jésus prends sur Lui notre péché pour nous en délivrer. La souffrance et la mort ne sont que les conséquences du péché. Et c’est pour cela que Jésus va les vivre pour nous. Pour les porter avec nous. Pour les porter pour nous. Pour qu’un jour, nous en soyons délivrés. Délivrés de la mort et de la souffrance, mais surtout de notre péché.

Nous célébrons la Passion et la mort de Jésus, parce qu’elles sont la victoire de Dieu sur tout ce mal. Sur la croix, c’est notre souffrance, notre mort et notre péché qui meurent en même temps que Jésus. Grâce p ce sacrifice, nous savons qu’un jour nous en serons délivrés.

Ce jour du vendredi Saint n’est pas un jour de tristesse, mais une jour de victoire. Victoire douloureuse, mais victoire quand même, victoire de Dieu sur le mal. L’office de la croix est fait de silence. Non un silence de mort, mais une silence pour contempler le prix que Jésus a payé pour cette victoire.

Nous sommes confinés chez nous. Nous pouvons offrir ce que cela nous coûte. L’offrir au Seigneur comme notre petite participation à sa Passion. Pour montrer à Dieu que nous l’aimons nous aussi. Peut-être pas autant que Lui nous aime, mais autant que nous pouvons l’aimer.

Père Etienne HACHE

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