L’Évangile de Pâques nous met en scène plusieurs témoins qui ont des itinéraires de foi bien différents.

Marie-Madeleine. Elle est la première à reconnaître le Christ Ressuscité en cet homme qu’elle avait confondu avec le jardinier. A son prénom, elle se retourne et découvre immédiatement Celui qui a donné du sens à son existence. Elle qui a eu une vie compliquée découvre maintenant une vie unifiée. Elle qui avait cédé aux  sirènes de la gloire et  aux victoires éphémères suit un chemin baigné de la lumière de Pâques. A Vézelay, dans la basilique, on arrive dans le narthex, avec le tympan magnifique mais sombre, puis on traverse la nef dont l’arête des voûtes suggèrent les  bracelets que Marie Madeleine portait dans  sa vie turbulente avant d’arriver au chœur, resplendissant de la lumière pascale. Magie de l’art roman de la nef et de l’art gothique du chœur qui est impressionnante artistiquement mais tellement vraie théologiquement ! L’itinéraire de Marie Madeleine est fait d’ombres et de lumière mais il débouche sur la clarté divine. Elle est l’Apôtre des Apôtres et très actuelle

Pierre. Tout est dit sur Pierre. Ici on le  voit avec une réaction réfléchie et interrogative, loin de celles impulsives que nous  connaissons de  sa part dans l’Évangile. Il s’arrête, laisse du temps au temps pour comprendre, pour examiner et, peu à peu, avec l’annonce de Marie-Madeleine et la foi de Jean, il va croire après avoir compris. Parfois pour être chrétien, on a besoin du témoignage et de l’appui des autres.

Jean. C’est simple. Lui qui a été le plus proche de Jésus a le sentiment, au pied de la Croix avec Marie qu’il reçoit comme mère, que tout n’est pas  fini.  » Il vit et il crut « . C’est l’évidence, l’immédiateté de la foi. Et nous  connaissons toutes et tous des hommes et des femmes qui ont cette force de la foi . ils ont notre admiration peut-être mais surtout nous souhaitons les imiter.

Ce sont trois itinéraires qui débouchent sur la foi au Christ Ressuscité. Trois itinéraires que nous pouvons retrouver dans chacune de nos vies ou chez nos proches. Peu importe quel fut l’itinéraire, c’est le résultat qui compte ! Si la fin ne justifie pas les moyens, la fin permet à tous les moyens de s’accorder pour réussir. Et cette fin est la découverte de la foi.
Père Yves FROT

 

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