Aujourd’hui, nous célébrons la Fête-Dieu, le Corps et le Sang du Christ. Les lectures nous montrent la proximité que Dieu a toujours eue avec ceux qui lui font confiance. Et c’est la première lecture. Dieu est celui qui a TOUT fait pour son peuple . Ce dernier a obtenu la liberté grâce à lui, il a été nourri sans travailler grâce à lui, il ne s’est jamais trompé de direction grâce à lui et a pu rentrer en Terre Promise sans trop de difficultés grâce à lui. Grâce à Dieu, tout a été possible même ce qui humainement était presque impossible. Nous avons ici une proximité de Dieu qui est une conséquence directe de son amour.

La lecture de Saint Paul nous fait aller plus loin encore. Non seulement Dieu continue de nous protéger et d’agir en notre faveur, mais en plus il nous invite à sa table. Paul, qui n’était pas présent lors du Jeudi Saint, nous dit que nous sommes invités permanents à la table du Christ, que nous sommes chez Jésus chez nous. Inviter quelqu’un dans sa maison, c’est l’honorer, le mettre en valeur et l’apprécier. Il nous nourrit à sa table mais en plus, il nous remarque et nous honore.

L’Évangile, tiré du chapitre 6 de Saint Jean entièrement consacré à l’Eucharistie, nous fait avancer. Il s’agit d’établir une CONSANGUINITE avec Jésus. Ce chapitre commence par une prédication de Jésus suivi d’une multiplication des pains. La foule est ravie, elle a entendu des paroles fortes et a été rassasiée sans avoir à travailler. Puis Jésus s’en va car la foule voulait le faire roi et de l’autre côté du lac, il continue de les instruire. Plus il parle, plus la foule a du mal à le suivre jusqu’à ces mots de l’Évangile d’aujourd’hui : manger ma chair et boire mon sang. Encore dans notre société, ces paroles ont du mal à être bien comprises. Il ne s’agit, bien sûr, pas de les prendre au pied de la lettre. Je les interprète ainsi. Jésus n’est pas seulement proche de chacun d’entre nous, cela nous le savons depuis que nous avons été baptisés. Il ne s’agit seulement d’une nourriture qui nous permet de vivre chrétiennement : nous le savons depuis que nous allons au caté et que nous avons fait notre première communion. Il s’agit non pas seulement d’appartenir à la même famille mais d’avoir avec le Christ une CONSANGUINITE. Nous avons le même sang, nous avons la même puissance de vie, son ADN est le nôtre. Et c’est ainsi que ces paroles, qui peuvent étonner encore aujourd’hui, deviennent pertinentes et pleines de sens. La consanguinité implique que l’on aie les mêmes dispositions, que l’on réagisse et vive de la même manière. Et cette manière de vivre, c’est celle des Béatitudes, de tout l’Évangile et pour ce faire, nous avons besoin de l’Eucharistie de manière régulière. Alors, comme le dira Pierre à la fin de ce chapitre 6, « à qui irions-nous Seigneur, tu as les paroles de le vie éternelle ». Suivons l’exemple de Pierre et marchons derrière Celui qui n’est pas seulement notre Maître mais celui qui nous a appris à appeler Dieu Notre Père.

            Yves FROT

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