Nous avons la suite de l’épisode d’hier où le roi spolie Naboth, petit propriétaire d’une vigne ne voulait ni la vendre ni la céder ni l’échanger. Et, aujourd’hui, nous avons le châtiment qui se déroule en fonction de l’adage bien connu « Bien mal acquis ne profite jamais ». Mais ce qui est surprenant, c’est la réaction du roi et celle de Dieu. Le roi se repent et obtient non pas le pardon total (il faut bien assumer les conséquences de ses actes) mais le report de cette sanction à la génération suivante. Dieu écoute lorsque le prophète intercède et lorsque l’homme se convertit. Il en sera de même plus tard lorsque Jonas bâclera sa mission à Ninive et que les habitants se convertiront.

Je vois aussi l’attitude d’Elie : il ne craint pas de dire la vérité y compris devant le roi. Il sait que la vérité est toujours plus puissante que n’importe quel arrangement. Et il ose contredire les puissants. Dans un monde où tout peut être dit, il n’est pas anodin de souligner que nous avons à vérifier nos paroles, à savoir si ce que nous disons est vrai, si c’est utile de le dire et si c’est profitable de prononcer les mots qui nous viennent à l’esprit.

Quant à l’Évangile, il est de la même veine que celui d’hier. La nouvelle justice ne consiste pas à faire de nos ennemis des amis mais à ne pas garder vis-à-vis d’eux des souvenirs qui ne nous permettent pas de constater chez eux des évolutions positives. Un ennemi nous a fait mal, certes mais faut-il l’emprisonner dans ce qu’il a fait ou pas fait ? Il peut évoluer en bien et nous ne pourrons que nous en féliciter. C’est aussi cela la nouvelle manière de vivre avec le Christ.  

Yves FROT

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