« Si vous apparteniez au monde, le monde aimerait ce qui est à lui. Mais vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous. »

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, nous pouvons être quelque peu déconcerté par les paroles de Jésus. Pourtant, Jésus a raison de nous mettre en garde contre le monde et de dire que ce monde a de la haine à notre égard. Mais ce serait un leurre de définir le « monde » par « société », « voisins », voire même « non-chrétiens », … Les personnes et la société en générale, ce n’est pas quelque chose de mauvais en soi. Jésus s’est toujours soumis aux règles de la société dans laquelle il vivait, jusqu’à inviter à payer l’impôt (alors même que cet impôt revêtait une certaine forme d’injustice à l’égard des juifs !) et jusqu’à se soumettre lui-même aux décisions qui le condamneront.

Le monde dont parle Jésus, c’est tout ce qui est soumis au pouvoir de satan. C’est ce qui est de l’ordre du mensonge et de la perversion. C’est tout ce qui touche au péché. En un mot c’est le Mal. Or le Bien et le Mal sont antinomiques, de la même manière que la lumière et les ténèbres le sont, ou encore la vérité et le mensonge.

Jésus ne nous demande pas de vivre reclus, mais d’être, au milieu des ténèbres, une lumière. Et l’avertissement est finalement le suivant : ne soyez pas surpris – si vous vivez avec l’Esprit de Dieu – de trouver sur votre chemin des tentations et des combats. C’est le lot de tous ceux qui marchent dans cette lumière. Jésus lui-même fût tenté au désert. C’est également le lot de tous les saints ; car vie chrétienne ne signifie pas une vie toute simple et toute rose, mais le choix du bien et le renoncement du mal qui nous fait en permanence entrer dans une tension intérieure, car, comme le dit saint Paul : « Moi qui voudrais faire le bien, je constate donc, en moi, cette loi : ce qui est à ma portée, c’est le mal. Au plus profond de moi-même, je prends plaisir à la loi de Dieu. Mais, dans les membres de mon corps, je découvre une autre loi, qui combat contre la loi que suit ma raison et me rend prisonnier de la loi du péché présente dans mon corps. » (Rm 7,21-23).

L’Église, notamment dans la succession apostolique, est là pour nous soutenir et nous affermir dans ce combat ; c’est ce que nous voyons dans la première lecture (« Passe en Macédoine et viens à notre secours »)

Alors, n’oublions pas ce pour quoi nous sommes fait ; tel un bateau dans la tempête, continuons d’avancer vers le phare, qui pour nous est le Christ. Demandons la grâce de la force et la patience dans les épreuves. Courage !

MG

 

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