Nous célébrons le premier mai alors que personne ne travaille depuis plus d’un mois et notre économie va avoir de réelles difficultés à se remettre debout en juin prochain. Faillites, licenciements, fermetures de petits commerces et d’entreprises seront la dure réalité du déconfinement, quelle que soit la forme qu’il prendra. Mais aujourd’hui, nous célébrons un travailleur, Saint Joseph en ce 1er mai, fête qu’en 1955, l’Eglise récupéra pour lui donner une  couleur catholique et pas seulement revendicative. Les grands papes des siècles derniers, de Léon XIII à Pie X en passant par Pie IX, ne pouvaient pas  ignorer la réalité ouvrière puisque chacun à sa manière ouvrit l’Eglise à ce souci, cette pastorale et cette option missionnaire.

Que dire de Saint Joseph ? Il travailla en se doutant d’abord puis en sachant absolument que son fils ne reprendrait pas sa succession. Il travailla pour l’amour du travail bien fait, pour que ses clients  soient satisfaits et soient en sécurité. On ne devine ni appât du gain ni embrouilles ou magouilles. Et c’est aussi cela qui fait la force de Saint Joseph : la figure d’un entrepreneur qui aime  son métier, est heureux de le faire et procure aux autres du bonheur car ses dons sont utilisés pour eux. Ce n’est pas un hasard si notre équipe d’Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens l’ a pris comme saint patron.

La première lecture de ce jour est le chemin de Damas qui a permis à Saül de reconnaitre le Christ parmi les chrétiens qu’il persécutait. Mais comme Joseph est un peu méconnu, je voudrais m’arrêter sur la figure d’Ananie, peu connu lui aussi ! Il comprend, grâce à une vision, que le fameux Saül dont chacun redoutait de croiser la route s’est converti. Il sait, car il en a l’intuition, que c’est vrai. Imaginons, pour ne pas citer un vivant Georges Marchais ou l’ancien séminariste que fut Staline, sonner à une paroisse pour être sacristain ou catéchiste !… Annanie sait que l’expérience spirituelle de Saül est vraie. Et son rôle est de l’introduire dans la Communauté Chrétienne en étant son « parrain », son garant, son sponsor (puisque ce mot latin signifie aussi parrain).

Alors comme Joseph soyons de ceux qui aimons notre métier, notre activité, notre vocation et comme Annanie de ceux qui écoutent vraiment l’expérience de nos contemporains.

Père Yves FROT

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