Nous sommes à la fin du chapitre 6 de saint Jean qui nous fait démarrer par une multiplication des pains, la marche sur la mer, puis l’approfondissement de la véritable  nourriture qui n’est plus le pain matériel mais la vie même du Christ. Il y a ces mots, difficiles à entendre et surprenants : manger ma chair et boire mon sang. On ne s’étonne pas de voir la majorité des disciples repartir. On les  comprend car si on prend ces mots au premier degré, c’est du cannibalisme. Or ce qui est à comprendre, c’est que l’Eucharistie nous donne une consanguinité avec le Christ. Et Pierre dans la 1° lecture en fait l’expérience puisque les gestes qu’il opère sont les mêmes que ceux que son Maitre a réalisés.

Mais  c’est la phrase «  Seigneur, à qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle » qui retient mon attention. Contrairement à ce que Pierre fera plus tard, quand tous partent, lui reste et croit en Jésus. Sa foi est bien réelle et la  confiance qu’il accorde à Jésus est totale. Il va rester et les douze avec lui continueront d’écouter le Christ. Cette phrase convient bien aussi à celui que nous  fêtons  aujourd’hui Saint Athanase . Sa vie est passionnante. Il  a participé au concile de Nicée en 325 comme diacre et a passé sa vie à défendre la divinité du Christ contre ceux qui ne voyaient en Jésus qu’un porte-parole de Dieu. Pour cela , il a été exilé cinq fois, s’est caché dans les monastères égyptiens mais a toujours gouverné son diocèse d’Alexandrie. Et c’est bien à cause de cette phrase dite par Pierre qu’Athanase s’est bien et beaucoup battu. C’est un exemple pour nous et c’est l’Eucharistie, le pain de vie qui donne à tous cette énergie missionnaire.

Père Yves FROT

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