La liturgie d’aujourd’hui nous invite à l’écoute : « c’est moi le Seigneur ton Dieu, écoute ma voix » (Ps. 80). En hébreux, écouter c’est également obéir, c’est-à-dire adhérer à la Parole par des actes concrets. Et selon le Christ, c’est le premier des commandements. En effet au scribe qui l’interrogeait,  « Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force » (Mc 12,29).

Cette Parole est le cœur de la Loi pour le peuple hébreux. On la retrouve dans le Deutéronome au chapitre 6. Elle nous donne trois perspectives pour aujourd’hui :

 

Se mettre à l’écoute de Dieu.

C’est la première attitude fondamentale de la vie chrétienne. Nous ne pouvons pas écouter lorsqu’il y a trop de bruit autour de nous, ou même à l’intérieur de nous. Pour écouter il est nécessaire de faire silence. Dans ce silence, Dieu se révèle. Il se révèle comme un Père qui nous aime. C’est l’expérience de tous ceux qui nous ont précédé dans la Foi : Abraham, Elie, Jean-Baptiste, tous les saints… ! Ils ont tous fait cette même expérience : Dieu se révèle dans le silence. Pour les personnes qui sont seules, nous pouvons mettre à profit ce temps de confinement pour entrer un peu plus dans cette écoute, sûr que Dieu parlera à l’oreille de notre cœur.

 

Le Seigneur notre Dieu est l’unique.

C’est la première chose que nous découvrons dans ce silence de nos cœurs : Dieu est l’unique Dieu. Lui seul peut nous sauver. Et s’il est le seul Dieu capable de nous sauver, cela signifie qu’aucune autre idole ne le peut ! Pourtant, quand nous regardons nos vies de près, nous devons bien reconnaître que le Seigneur n’est pas toujours au centre. Notre confort, notre argent, nos petites habitudes peuvent parfois prendre la première place… Peut-être depuis quelques jours, nous murmurons contre Dieu car nous ne comprenons pas qu’il permette cette situation d’isolement ? Nous pouvons peut-être transformer ces murmures en action de grâce : cette situation en effet nous permet de réaliser combien nous sommes petits et fragiles et combien nous avons besoin de lui. C’est peut-être l’occasion pour chacun de nous de renoncer à quelque chose qui pourrait être une idole (le confort de sortir comme on le voudrait par exemple !) et de remettre au centre de nos vies, Dieu notre Père. C’est également l’occasion de nous unir à tous ceux qui vivent de manière ordinaire cette situation d’isolement (malades, prisonniers, personnes dans les pays en guerre, …).

 

Tu aimeras le Seigneur ton Dieu

L’amour de Dieu ne consiste pas dans les holocaustes et sacrifices (qui ne sont parfois qu’un acte extérieur, bien loin de la vérité de notre cœur). L’amour de Dieu c’est avant tout être en vérité, c’est-à-dire se reconnaître pécheur et donc reconnaître que nous avons besoin de Dieu.

Et Dieu se manifeste très concrètement à travers les uns et les autres. Oui, nous sommes instruments de sa Grâce et de sa miséricorde. Aimer Dieu c’est donc accepter d’être cet instrument de charité. A travers chacun de nous, Dieu veut donner son amour à tous.  C’est pourquoi nous sommes invités à aimer notre prochain comme nous-même. Aimer, ce n’est pas forcément éprouver des sentiments, mais c’est faire le bien. En ce temps de confinement, il nous est souvent donné de vivre dans la promiscuité avec nos proches (que nous n’avons pas choisis !) C’est peut-être une belle occasion de mettre en œuvre cet élan de charité, en recherchant avant tout le bien des autres et ainsi, manifester leur l’amour de Dieu.

Si nous sommes seuls, rien ne nous empêche de manifester cet amour par l’attention aux autres, en leur téléphonant, ou en leur écrivant une petite carte !…

 

En ce 3e vendredi de carême, demandons au Seigneur la grâce de nous mettre à son écoute, de le mettre au centre de nos vies, en étant nous-même instrument de charité pour nos frères.

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