Dans notre vie quotidienne, dès que quelqu’un nous vient nous poser une question – quelque soit la question et quelque soit le domaine – parce qu’elle nous est adressée, nous voulons souvent répondre en apportant toutes nos connaissances intellectuelles, nos expériences, etc. Mais si nous observons bien, parfois notre réponse pourrait être un peu exagéré et souvent nous ne répondons pas à la requête mais nous voulons montrer à l’autre que nous connaissons plus que ce que l’autre cherche. 

Dans le passage de l’évangile d’aujourd’hui, nous voyons le même genre de situation. La question de Jésus à Philippe est claire et nette : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? ». Dans notre langage quotidien, nous pourrions dire : « dans quelle boulangerie pouvons-nous trouver du pain actuellement » (même au milieu du confinement) ? Alors, la réponse aurait du être : « chez un tel, chez l’autre etc ». Mais quelle est la réponse de Philipe à Jésus ? Rappelez-vous, c’est un disciple qui répond à son maître. « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain ». N’est-ce pas l’orgueil qui domine dans nos réponses aux demandes des autres même à Dieu comme la réponse de Philippe à Jésus nous le montre ? 

La réponse à la question de Jésus vient d’une personne qui a observé ce qui se passe autour de lui. André, un des aînés des disciples de Jésus vient donner la réponse ; mais c’est peut-être dans la nature humaine de montrer l’orgueil même dans l’humilité. « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! » 

Nos inquiétudes, nos angoisses, nos peurs, nos connaissances intellectuelles parfois nous empêchent d’avoir confiance dans le Seigneur et de reconnaître sa providence divine. Que devons-nous faire ? La phrase suivante de l’évangile d’aujourd’hui nous donne la réponse. Jésus dit: « Faites asseoir les gens ». C’est d’écouter la parole de Dieu et d’agir selon ce qui nous est adressé.

Comme disait un sage, Dieu nous a donné deux oreilles et une bouche pour que nous écoutions plus et que nous parlions moins. Que ce temps du confinement puisse aussi être un temps d’écoute de Dieu pour que nous reconnaissions sa providence divine dans notre vie. 

Père Déo Thomas

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