Après deux mois de jeûne, nous pouvons enfin nous réunir pour célébrer l’Eucharistie. La plupart d’entre nous a profité de ce temps pour écouter. Ecouter via la radio, la télévision, internet, … Ecouter la parole de Dieu. Cela a été un temps pour nous rappeler, comme l’a si bien dit le concile Vatican II, que l’eucharistie est organisée autour des deux tables. La table de l’eucharistie, dont vous avez été privés, et la table de la Parole, qui a pu vous rejoindre via les moyens de communication cités plus haut.

En fait, c’était un peu la même situation qu’ont connue les apôtres entre l’Ascension et la Pentecôte. Pas de présence matérielle de Jésus, mais Sa Parole demeurait.

Se sont-ils sentis abandonnés ? Certainement. Ont-ils perdu la Foi ? Non, assurément.

Bon, d’accord, pour nous, cela a duré plus de dix jours. Mais nous allons pouvoir reprendre progressivement le chemin des églises pour nous nourrir, non seulement des Paroles que le Père, via Jésus, nous a données, mais aussi de Sa présence réelle dans l’Eucharistie. Et les deux nous sont indispensables, beaucoup parmi nous en ont fait l’expérience.

Oui, nous ne nous rassemblons pas juste pour nous soutenir les uns les autres, mais parce que c’est le moyen pour nous de faire la volonté du Père. Nous formons le corps du Christ. Nous, qui sommes rassemblés. Il est impossible d’être chrétien tout seul. Un chrétien ne trouve sa place qu’au sein de la communauté.

Bien sûr, de nombreuses contraintes s’offrent encore à nous. Et beaucoup se demandent s’il est vraiment nécessaire de braver la maladie pour l’eucharistie, alors qu’on peut y assister depuis son fauteuil. Mais ceux qui se posent la question n’ont pas encore compris que nos assemblées dominicales rendent présent le Christ au monde. Une présence réelle. Pas la présence réelle de l’eucharistie, mais une présence réelle tout de même. Nous formons le corps du Christ. Nous le rendons présent au monde d’une manière mystérieuse, mais qui rapproche le monde de son but, c’est-à-dire que chaque homme connaisse Dieu et combien Il l’aime.

Oui, nous reprenons le chemin des églises, pour la plus grande gloire de Dieu, pour le salut du monde, pour que l’amour de Dieu triomphe et soit manifeste. Nous formons nos communautés de prière, de partage, à l’appel du Christ, mort et ressuscité, monté au ciel. Nous faisons monter nos voix et nos chants vers le Seigneur pour lui rendre grâce, le remercier de ses dons et de ses largesses.

Même si Jésus n’est plus présent physiquement, Il l’est de nombreuses autres manières. Et nous venons puiser les forces qui nous manquent, en particulier l’Esprit Saint lors de la Pentecôte, pour porter témoignage au monde de cet amour immense que nous connaissons. Préparons nos cœurs à recevoir cet Esprit Saint qui nous enverra dans le monde pour témoigner.

Père Etienne HACHE

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