La fête de l’annonciation. C’est l’annonciation du Seigneur que la liturgie nous invite à fêter aujourd’hui. Ce n’est pas une fête mariale ! Il s’agit, beaucoup plus profondément, de l’incarnation de notre Seigneur.

Incarnation, quel mot barbare ! Dieu qui vient dans la chair, dans notre viande pourrait-on presque traduire, Dieu qui prend notre chair, notre humanité. Avec toutes ses faiblesses. Si Jésus venait aujourd’hui dans notre monde, il serait aussi vulnérable que nous au covid 19. C’est l’abaissement du Seigneur. Dieu qui sait que l’homme est incapable de venir jusqu’à lui, qui vient jusqu’à nous. Il ne fait pas semblant, Il devient réellement l’un d’entre nous.

La fête de l’annonciation, c’est bien cela. Non pas un Dieu qui punit et envoie des châtiments divins, catastrophes et épidémies, mais un Dieu qui nous aime, qui se fait proche de nous, qui se fait l’un de nous, pour pouvoir porter avec nous chacune de nos faiblesses, chacune de nos vulnérabilités.

Dieu se fait proche de nous pour nous montrer son amour, pour nous donner sa force. Pour nous attirer à lui. Oui, si Jésus, le Verbe de Dieu, vient jusqu’à nous, c’est pour nous emporter avec lui auprès de Son Père.

L’oraison de ce jour nous dit : « Seigneur, Tu as voulu que ton Verbe prit chair dans le sein de la Vierge Marie, puisque nous reconnaissons en lui notre rédempteur, à la fois homme et Dieu, accorde nous d’être participants de sa nature divine. »

Etre participant de la nature divine. C’est Jésus qui nous emporte jusqu’à Son Père.

C’est la beauté de l’amour de Dieu pour nous. Il est notre rédempteur, car Il est le seul qui peut combler la distance qui nous sépare de Dieu. Il faut qu’Il soit homme et Dieu pour combler ce fossé. Il faut qu’il soit homme pour prendre avec lui les hommes, il faut qu’Il soit Dieu pour les emporter jusqu’à Dieu.

L’annonciation, ce n’est pas la naissance d’un demi dieu, mais le lien qui se forge entre Dieu et les hommes. Un lien que rien ne peut briser, puisque Dieu est entré dans notre histoire humaine.

C’est une invitation, en ces temps difficiles, à ne pas désespérer. Et je ne parle pas d’espoir, mais d’Espérance. L’espoir est humain : j’espère que je ne vais pas tomber malade, mais je n’en sais rien. Je fais en sorte de me préserver, et j’espère rester en bonne santé. L’Espérance nous est un don de Dieu : Dieu seul nous sauvera de la mort et du péché, et cela ne dépend pas de moi, mais de l’amour de Dieu, parce que Dieu nous aime et nous a déjà sauvés. Cela n’a été rendu possible que parce qu’Il est venu dans le monde, qu’Il a pris notre humanité avec toutes ses faiblesses, jusqu’à celle de la mort, et qu’Il a porté notre humanité jusqu’auprès de Dieu notre Père.

C’est bien cela que nous célébrons aujourd’hui. La venue de notre Sauveur dans le monde. La venue de notre salut dans notre vie. Tout ce que nous avons à faire, c’est prendre exemple sur notre mère, la Vierge Marie, et lui dire « oui, que tout m’advienne selon Ta Parole. » Seigneur, je sais que Ton amour pour moi est plus fort que la mal, la maladie et la mort.

P. Etienne 

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