Deux disciples déprimés quittent la compagnie des apôtres et des croyants à Jérusalem et se dirigent vers Emmaüs pour s’évader. Ce même jour, tard dans la soirée, ils reviennent rejoindre la compagnie des apôtres et des croyants qu’ils avaient abandonnés plus tôt dans la journée mais pleins de joie et de zèle. Qu’est-ce qu’il s’est passé pour qu’ils puissent faire cette décision de retourner à Jérusalem ? Ils ont rencontré un étranger sur le chemin – un étranger qui ne ressemblait pas tout à fait à Jésus mais qui était pourtant bien lui. 

« Ne parlez jamais à des étrangers! » est l’un des premiers enseignements de sagesse que les parents transmettent à leurs enfants. Et pourtant, quand nous pensons à cela, si Cléophas et son compagnon avaient suivi ce conseil, ils n’auraient jamais eu la rencontre avec Jésus ressuscité. Qui sait combien de fois le Seigneur ressuscité est passé devant vous et moi-même au milieu de ce confinement et nous ne l’avons pas reconnu à cause de notre peur des étrangers ?

Cléophas et son ami essayaient d’éviter les moments scandaleux qui ont frappés les apôtres et les disciples de Jésus avec la mort honteuse de leur maître. Même si, ils ont décidé de s’en éloigner, ils n’arrêtaient pas d’y penser. Ils en parlaient tout au long du chemin. Quel genre de situation dans lequel ils se trouvaient alors qu’ils se dirigeaient vers un avenir inconnu à Emmaüs ! C’était à la fois déception, tristesse et dépression profonde.

Tout à coup, un étranger les rattrape en chemin et leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » La réponse la plus naturelle que nous attendons d’eux serait : « Hé mec, veux-tu bien t’occuper de tes affaires ? » Ou « Dégage-toi ».  C’est la réponse typique que nous obtenons des personnes qui ont de la peur des étrangers. Mais Cléophas et son ami étaient différents. Tout ce qu’ils ont dit, était : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci ».  « Quels événements ? » demanda l’étranger. Et cela a conduit à un dialogue franc et profond qui a enflammé leur cœur froid. Tout cela parce qu’ils faisaient confiance à un étranger et ont osé l’informer et être enseigné par lui !

Le partage de Cléophas et son compagnon avec l’étranger était tout au long du voyage. Non seulement ils étaient prêts à partager leurs confidences avec lui, mais ils sont allés jusqu’au bout et ont partagé leur repas et leur abri avec lui. C’est au cours de ce partage que le moment de la révélation a eu lieu et ils ont tout à coup réalisé que celui qu’ils avaient toujours accepté comme un étranger était bien Jésus, la réponse à toutes les questions de leur cœur. 

Cette découverte de Jésus ressuscité, a donné un nouveau sens à leur vie, à leur foi et à leur vocation. C’est fini – toute peur et fatigue. Ils se sont levés et sont retournés le soir même pour rejoindre la compagnie des apôtres et des disciples de Jésus pour partager avec eux la bonne nouvelle qu’ils avaient rencontré le Seigneur ressuscité et qu’ils l’avaient rencontré en la personne d’un étranger.

Le Seigneur ressuscité apparaît maintenant dans tous les types de corps : hommes et femmes, blancs et noirs, jeunes et vieux, riches et pauvres, handicapés et non handicapés, indigènes et immigrés, catholiques et protestants, chrétiens et musulmans, libéraux et conservateurs, et etc. Même si nous pouvons voir l’autre comme un étranger, l’Évangile d’aujourd’hui nous met au défi de commencer à les voir simplement comme un compagnon sur le chemin. 

Lorsque nous accueillons un étranger, nous accueillions Dieu et nous attirons une bénédiction de Dieu pour nous-mêmes.

Prions aujourd’hui pour demander la grâce de vaincre la peur des étrangers, pour avoir le courage de tendre la main et les cœurs ouverts à ceux qui sont différents de nous. 

Père Déo Thomas

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