Nous  sommes en plein reportage, ce qui est rare dans l’Evangile ! Devant les  affirmations et l’enseignement de Jésus, chacun réagit à sa manière. Les foules, qui dans 15 jours l’acclameront puis exigeront sa condamnation, reconnaissent en lui le Messie. Or il y a un problème : il vient de Nazareth, un petit village dont le même Evangile avait peu de considération. De Nazareth, peut-il sortir quelque  chose de bon, disait Nathanaël ! Et dans la même foule, certains étaient dubitatifs voire opposés. Mais ce ne serait pas la première fois où d’une part le message de Jésus ne ferait pas l’unanimité mais que d’autre part le bon sens des fidèles précéderait les  décisions de l’Eglise. Le fameux « sensus fidelium » qui a précédé quelques dogmes mariaux.

Mais il y a le mépris des Pharisiens à l’encontre de la foule, qui ne sait rien de la Loi et la jalousie de voir Jésus toucher le coeur de cette foule mélangée.
Alors ayons le discernement de Nicodème. Il a vu juste, il a rencontré Jésus et ne demande que la justice pour un homme qu’il sait devoir être condamné à brève échéance. On se souvient du nom de Nicodème, pas de ceux des Pharisiens aveuglés par la haine et la suffisance.
Oui Jésus va être l’Agneau docile qu’on va amener à l’abattoir . Mais il sera cet Agneau que Jean Baptiste a indiqué au début de l’Evangile à ses disciples pour que ces derniers rejoignent Jésus et il va mourir sur la Croix au moment même où l’agneau est sacrifié dans le Temple. C’est cet Agneau qui se donne à nous, dans l’Eucharistie mais en ces moments d’abstinence eucharistique en le priant devant le Saint-Sacrement dans nos églises qui restent ouvertes. 
Yves FROT
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