Lazare, viens dehors ! Je pense que la plupart de nos concitoyens, environ 1/3 de l’humanité aimerait bien l’entendre aujourd’hui. Un homme sur trois est confiné dans le monde ! C’est un enfermement. Enfermement, non pas dans le sommeil de la mort, mais enfermement quand même.

Jésus est venu nous libérer. Non pas nous libérer du covid 19, mais nous libérer de choses bien plus importantes, nous libérer de la mort et du péché.

Cet évangile fait échos à de nombreuses choses que nous vivons aujourd’hui. Laissez moi revenir sur quelques unes :

Jésus pleure ! Pour moi, cela est indissociable de Jésus aime. Il est dit dans cet évangile que Jésus aime Lazare et ses sœurs. Jésus aime chacun de nous. Lazare, Marthe et Marie ne sont pas les seuls à être aimés du Seigneur. Et Jésus pleure la mort de son ami. Dieu, pour ceux qui ont fait un peu de théologie, ne peut pas être touché par ce qui se passe dans le monde, cela ne peut pas le changer. Sauf s’il décide de se laisser changer. Et c’est son amour pour nous qui fait qu’Il veut se laisser toucher par nous, par nos souffrances. Jésus qui pleure, c’est Dieu qui se montre compatissant, qui se laisse l’amour qu’Il a pour nous le toucher.

Jésus nous invite à l’Espérance. L’espérance en la résurrection. En faisant sortir Lazare du sommeil de la mort, il nous assure que la mort ne peut pas l’enfermer, que la mort ne peut pas nous enfermer définitivement. Qu’un jour, nous aussi, nous revivrons. Il est venu nous sauver corps et âme, pas seulement nos âmes. Il est venu vaincre le péché et la mort. La résurrection que nous fêterons dans 15 jours, n’est pas seulement la sienne, mais aussi la promesse de la notre.

Jésus agit. Il ne reste pas immobile face au mal qui frappe. On a envie de dire aujourd’hui : « mais où es-tu ? » à l’instar de Marthe et de Marie : « si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. » Dieu se manifeste dans le monde, non pas de la manière que nous voulons, mais de la manière qui sera la plus bénéfique pour nous. Il nous invite à agir nous aussi. C’est plus compliqué en ces temps de confinement, mais nous pouvons exercer la charité fraternelle avec ceux qui sont auprès de nous. Il n’est pas facile de vivre 24h sur 24 avec les mêmes personnes, pendant un temps long, de vivre les uns sur les autres. Cela exacerbe les tensions. Sachons y mettre encore plus d’amour. Sachons prier les uns pour les autres. Sachons voir en l’autre ce que Dieu y voit. Un être qu’Il aime.

 P. Etienne HACHE

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