Traditionnellement le 4° dimanche de Pâques est le dimanche où nous prions pour les  vocations sacerdotales et religieuses puisque c’est le Dimanche où nous lisons l’Évangile du Bon Pasteur. C’est ce que nous faisons aujourd’hui, même en confinement. Avant de commenter l’Évangile, je voudrais dire deux convictions :

La moisson est abondante et les  ouvriers peu nombreux. Ce n’est pas  nouveau puisque déjà dans l’Évangile Jésus le dit. A toutes les époques, nous entendons parler ainsi. Je me souviens , en l’an 2000, dans le diocèse de Bergame où nous étions reçus pour les JMJ, avoir entendu les prêtres de la paroisse me dire qu’il n’étaient pas assez. Ils étaient 3 fois plus que nous et pour un diocèse plus petit, 33 prêtres avaient moins de 30 ans ! Et pour tout l’Iran, les catholiques n’avaient l’an dernier qu’un seul prêtre catholique. Chaque époque a ses besoins et je ne suis pas sûr que si l’on regarde le pourcentage entre le nombre des pratiquants et des familles chrétiennes d’une part et le nombre des prêtres d’autre part, il soit si différent que cela de celui d’il y a 50 ans. Puisqu’il y moins de pratiquants la pastorale des vocations  doit, à mon sens, passer par une revalorisation de la figure du prêtre diocésain. Ce qui n’est pas gagné dans les familles catholiques…

Le Seigneur guide toujours son Église. C’est ma  seconde conviction. Et ce n’est pas la méthode Coué ! Nous savons que le Christ est le pilote du navire Église, qu’il nous mène à bon port et qu’il sait et où il va et comment s’y rendre. On l’a vu dans les élections au siège de Pierre, personne n’avait parié sur des papes polonais ou argentin. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour les vocations sacerdotales et religieuses. Cela n’est pas une raison pour ne rien faire mais si nous  sommes en crainte constante de l’avenir, si nous travaillons en nous  disant que nous sommes peut-être les derniers à le faire, ce n’est pas une attitude appelante ni attirante. Après y être allé proclamer l’Évangile, nous  bénéficions de l’apport de prêtres venus d’ailleurs. Je trouve que c’est une chance pour un diocèse, pour peu que les prêtres d’ailleurs soient équilibrés et désireux de s’inscrire dans l’histoire du diocèse et que ceux qui sont originaires du diocèse leur laisse une place pour vivre heureux. Et j’imagine fort bien que dans les 5/10 ans à venir, il y ait l’un ou l’autre diocèse de France avec à sa tête un évêque venu d’ailleurs ! Cela marquerait un juste retour des choses et cela serait un beau signe de catholicité !

L’Évangile maintenant. C’est l’image du Bon Pasteur que nous avons. Et, à notre époque, des bons pasteurs il en faut ! Personne ne sait où on va, tout le monde donne ses conseils et dans le maquis des informations, vraies ou fausses, personne ne s’y retrouve. Un guide, un pasteur est quelqu’un qui sait où aller et le propose à ceux qui lui font confiance. Et chacun met en avant les  valeurs qui lui semblent essentielles : pouvoir, argent, réussite…  Or un prêtre est un homme qui ne veut pas d’abord penser à lui. Il est celui qui a un maître, le Christ, et qui veut lui ressembler. C’est pour cela que le prêtre doit être un homme de prière, attaché à l’Eucharistie d’où il tire sa force. Ensuite, comme guide, il ne peut pas penser à lui ou ses proches d’abord et seulement. Il est l’homme de la mission et lorsqu’il est heureux de vivre sa mission, c’est une place magnifique. Enfin il est comparable à Jean Baptiste : sa mission n’est pas d’attirer vers lui (sinon c’est un gourou qui dirige une secte) mais de faire rencontrer à ceux dont il a la charge le Christ. Et ensuite il s’efface pour laisser la personne grandir avec le Christ. C’est ainsi que je vois le rôle et la mission du prêtre et c’est pour cela que je vous  invite à prier pour les  vocations sacerdotales et religieuses.

Père Yves FROT

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